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Faire du cinéma au cœur de la cité Consolat

Produire un court-métrage de fiction avec des moyens professionnels : c’est ce qui a été réalisé par une équipe de jeunes de 15 à 17 ans, tous originaires de la cité Consolat. Le projet a été porté par le centre social Les Musardises et l’association Impartial Industrie.

cinemaconsolat2Epaulés par Celia Halladj, accompagnatrice santé, et Donia Harzi, animatrice prévention, les jeunes sont partis d’un thème, « les conduites addictives », pour bâtir le scénario et le script du film. On y découvre deux histoires sur la consommation addictive de cannabis et d’alcool et ses conséquences. Ce projet a pu voir le jour grâce à la collaboration d’Impartial Industrie, une association du 15ème arrondissement, qui réalise ici son premier travail conjoint avec les Musardises. Samir Moussa, qui a suivi la production du film pour l’association, a fourni l’expertise technique et les contacts. Ainsi, les jeunes ont pu bénéficier d’une caméra, d’une prise de son, et d’une maquilleuse professionnelle. Pour Samir Moussa ce film : « C’est le meilleur moyen de toucher les personnes, il aura plus d’impact qu’un discours moralisateur, pour les jeunes qui le verront. »

Lors de la projection, achèvement d’un travail entamé en avril dernier, la fierté se lisait dans les yeux des jeunes acteurs. Sofiane allias « Biggie », parade comme une star dans le centre social. Il a 17 ans et suit une formation CAP de chauffeur routier. Il n’avait jamais été acteur auparavant et pourtant, c’est lui qui campe le rôle principal de ce film de 10 minutes. Il semble ravi de cette expérience : « On a été aidé par les animateurs mais on a quasiment tout fais seuls. J’ai beaucoup aimé. Ça m’a donné envie d’en refaire un ! »
Mais c’est Samir Moussa qui résume le mieux le sens de ce projet. « Le cinéma, la musique, ça leur semble tellement loin. Avec ça au moins on tente des choses. Au pire, on donne une expérience qui leur servira, au mieux on suscitera des vocations. » Quoiqu’il en soit, l’expérience est un succès et deux autres tournages sont d’ailleurs prévus pour les vacances de février, sur les thèmes de l’usurpation d’identité et le harcèlement.

A l’issue de la projection, la petite équipe a remercié tous ceux qui ont participé à la production du film. Celui-ci a symboliquement été intitulé « Demain c’est loin », d’après l’illustre titre du groupe marseillais IAM. Peut être pas si loin que ça finalement.

Jean-Baptiste Chabran