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Entretien avec Magali Galizzi

Le 8 mars, de nombreux pays célèbrent la Journée internationale des droits des femmes, créée en 1977 à l’initiative des Nations Unies. L’occasion de faire le bilan des victoires concernant la place des femmes dans la société mais aussi de rappeler qu’il reste du chemin à parcourir.

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Egalité dans la sphère professionnelle, répartition des tâches au sein du foyer, place des femmes dans le champ politique… nombreux sont les enjeux qui subsistent pour atteindre l’égalité entre les genres.

Cette volonté d’égalité fait partie de l’ADN historique de La Ligue de l’Enseignement. Certains fondateurs du mouvement étaient même des féministes résolus. En faveur de l’autonomisation des femmes et d’une plus large participation de celles-ci aux affaires publiques, Jean Macé s’adressera en ces termes aux membres de la Ligue lors du 4e Congrès de Tours de 1884 : « Mesdames et Messieurs, j’ai beau regarder, je ne vois pas assez de dames [...] Il faut nous habituer à amener nos femmes avec nous, pour qu’elles vivent de la même vie que nous ! ».

Qu’il s’agisse de l’intégration du thème de l’égalité homme/femme lors du salon européen de l’éducation en 2013 ou du soutien aux ABCD de l’égalité, les actions et les prises de position de la Ligue de l’enseignement ces dernières années témoignent de son attachement à la défense des droits des femmes et à la lutte contre les stéréotypes.

La Ligue de l’Enseignement – Fédération des Bouches du Rhône développe elle aussi des actions sur l’égalité homme/femme, par exemple au sein de l’un des centres sociaux qu’elle gère : le Centre social Les Musardises.

magaligalizziQuelles actions mettez-vous en place en faveur des femmes ?

Nous les aidons sur plusieurs axes dans un objectif global d’ouverture. Le but pour elles, c’est de devenir de véritables acteurs de leur environnement. Il peut s’agir de l’autonomisation avec de l’aide dans les démarches administratives ou l’apprentissage du français. Nous travaillons également sur la santé et la parentalité. Nous avons ensuite des actions spécifiques pour les jeunes filles, car nous faisons face à un contexte d’intervention particulier.

Quel est ce contexte ?

Le problème majeur auquel nous sommes confrontés, c’est qu’à partir d’un certain âge, vers 15 ans en général, les filles ne fréquentent plus le Centre Social. Dans une logique de rejet de la mixité, ces dernières partagent en effet leur temps entre la maison et l’école. Certains parents refusent même que leur fille assiste, en milieu scolaire, à une intervention concernant la sexualité, l’égalité homme/femme ou le corps. Dans le quartier Ruisseau Mirabeau, nous travaillons avec une population de gitans sédentarisés. Dans cette culture, les filles peuvent être mariées et devenir mères très jeunes. Elles sont donc déscolarisées. D’autre part, sur le quartier Consolat, nous constatons qu’il existe des tabous et des préjugés sur la question de la sexualité par exemple. Pour beaucoup, la sexualité est sale, honteuse. Les jeunes filles craignent d’avoir une mauvaise réputation dans leur quartier. Nous constatons aussi un discours stéréotypé chez les garçons, ce qui renforce le clivage avec les filles. Or notre volonté est de favoriser des activités mixtes.

Quelle approche adoptez-vous ?

Nous essayons d’avoir une approche globale de la question du genre tout en nous associant à différents partenaires : collèges, lycées, planning familial… L’éducation à la vie affective doit commencer dès l’enfance. Nous avons par exemple travaillé avec un groupe d’enfants sur leurs émotions, tout en provoquant des discussions à propos des représentations sur les rôles des hommes et des femmes. Nous avons aussi mis en place le projet "Only girls" à destination des jeunes filles de 12 à 15 ans. L’objectif de ce projet, comme son nom l’indique, est de faire venir les jeunes filles au centre social pour leur donner un temps et un espace à elles.

En quoi consiste le projet « Only Girls » plus exactement ?

Il s’agit d’abord de faire participer les filles à des activités spécialement conçues pour elles, comme par exemple des activités sportives : danse, zumba, expression corporelle. Ensuite, quand une certaine confiance s’établit au sein du groupe et avec l’intervenante, nous pouvons aborder des thématiques plus intimes, comme la question de la puberté et de la sexualité. Les jeunes filles ont ainsi pu échanger avec le planning familial pendant les vacances de Février sur le rapport au corps. Cette libération de la parole n’est possible que grâce à un long travail en amont, car c’est un sujet tabou.

Cette première phase d’éducation auprès des enfants et adolescentes sera complétée progressivement. D’une part, nous souhaitons davantage impliquer les parents, d’autre part, nous voulons aussi sensibiliser les jeunes garçons à ces thématiques.

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